Bio
Connaissez-vous « When I’m Sixty Four » des Beatles, l’un des meilleurs morceaux jamais écrits par McCartney ? Une mélodie imparable, un arrangement formidable sonnant presque comme un rag-time, des accents victoriens … dans quel album l’avez-vous entendue ? Revolver ou Magical Mistery Tour ? Non … Sgt. Peppers, bien sûr … c’est vrai, pas évident de se souvenir de cette chanson, nichée confortablement au milieu de chefs d’œuvre tels que « Lucy in the Sky With Diamonds » ou « A Day In the Life ». Des chansons comme celles-ci, aussi rares que précieuses, aussi riches que modestes, il y en a certainement dans votre discothèque. Tenez, prenez « This Time Tomorrow » des Kinks sur l’album Lola … en voilà, un chef d’oeuvre méconnu ! Une accroche de guitare sèche, la voix si familère de Ray Davies, la guitare toute en finesse de son frère Dave, un refrain à tomber par terre. Si vous mettez la main dessus, vous ne pourrez tout simplement plus vous en passer … pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Tout simplement parce que ces chansons occupent toutes deux la 9ème plage des disques sur lesquels elles figurent … et Chapter 9, le groupe, est aussi bon que cela. Ni plus, ni moins.
En ces temps de marketing agressif, la modestie et la simplicité sont des denrées aussi rares que précieuses, pourtant le discret groupe parisien dirigé par Marc Verwaerde sait parfaitement que c’est loin du clinquant et des paillettes, dans un artisanat de bon aloi, que se construit une pop music subtile et exigente, capable de franchir le cap des années sans prendre une ride. Artisanat, en voilà une belle métaphore : comme une guitare de luthier, les chansons élaborées par Marc et ses comparses sont assemblées avec une minutie et un souci du détail qui font de chaque morceau une petite chose fragile et précieuse. Ajoutez à cela des textes oniriques et l’une des voix les plus attachantes qu’il soit donné d’entendre, et vous obtenez l’un des secrets les mieux gardés de la scène folk et rock parisienne. Un peu Dylan, un peu Beatles et un peu Beach Boys, empreint d’un psychédélisme jamais forcé, le son de Chapter 9 est un régal pour les oreilles, l’écoute de chaque nouveau morceau, un plaisir aussi revigorant que la découverte d’un nouveau met.
Le groupe est à découvrir sur scène, où il se produit fréquemment (à Paris, en province et à l’étranger) et s’apprécie également tranquillement calé dans un fauteuil à l’écoute de ses deux EPs, Piece of Cake (2007) et 5 Songs (2005) , distribués tous deux par Reshape Music. Ne sous-estimez pas le pouvoir des choses les plus subtiles, écoutez Chapter 9.

