And the winner is… • 05.20.09
Pas Chapter 9 !
Attention, ce n’est pas une déception. Définition de déception : quand notre performance n’était pas à la hauteur de nos attentes personnelles. Ce n’était pas le cas. Pas avec seulement 3 mois de travail. Pas avec la jeunesse de la formation ainsi composée depuis quelques mois.
A charge de revanche ? Certainement pas ! Pas de revanche, le sentiment d’avoir pu participer à une aventure humaine, personnelle et collective hyper enrichissante pour tout le groupe. Hier, j’avais fait la chronique de ma séance d’écoute aux auditions, je ne dérogerai pas à la règle seulement parce que nous n’avons pas été retenu ! Et je vais même peut-être sonner parfois un peu critique sur certaines prestations, mais voilà c’est mon blog et c’est mon opinion, je dis ce que je pense et ça fait du bien !
- Chapter 9
- Enigmatik
- Maud Lübeck
- LaFille
- Rayess Bek Orchestra
La session d’hier a débuté par le meilleur groupe du monde imaginaire que je me suis créé, à savoir Chapter 9, mon groupe (de potes, de musique, de références communes). Bon, vous allez me dire « vous avez pas été sélectionnés, donc vous auriez pu mieux faire ». Très honnêtement, on a fait largement mieux qu’à l’International, en terme de placement sonore et de cohérence de groupe, je me suis senti à mon aise sur une scène pourtant quasiment 5 fois plus grandes. Des regrets ? oui, d’avoir oublié de remercier le public, d’avoir laissé quelques moments de silence inopportuns, et de ne pas en avoir laissé à d’autres moments, plus opportuns. D’avoir eu Louis sur un praticable en fond de stage, et que je n’aurai pas eu l’occasion d’échanger avec lui. Gil, que j’ai aperçu par endroits, mais tellement impliqué dans ma « gestion de l’item « public », j’en ai parfois oublié ma relation avec mes « 2 comparses du fond ». Avec Antoni et Damien, en revanche, ce fut l’extase, moments de communion. D’où certainement les différents ressentis entre les musiciens au moment de sortir de scène. L’un dans l’autre, j’ai quand même le sentiment d’avoir fait passer un message positif en ces temps plutôt moroses dehors, et c’est tout ce qui compte pour moi.
Enigmatik, c’est deux filles et un backing band. J’ai tout dit. Ou presque. Je vais m’étendre un peu sur les chanteuses, qui à mon avis réconcilient pas mal de monde avec le hip-hop, le rap, etc. Des textes riches, qui collent à la personnalité des interprètes, à leur univers, à leur quotidien certainement aussi. Comme dirait Louis, y a un sentiment d’appartenance et d’identité forts (pour des filles Enigmatik), un attachement réel à leur 1-8. C’est cool ! Maintenant, y a le bémol : un DJ littéralement et objectivement absent (c’est dommage, vraiment, pour du hip-hop) et des zikos qui, compte tenu de leur niveau technique et de leur aisance rythmique, pourraient délivrer largement davantage. C’est pas parce que t’as une formation très classique (guitare, basse, batterie) que tu peux seulement balancer un seul pattern et laisser les filles se démerder avec ça. Faut plus. Surtout aujourd’hui. Surtout pour Enigmatik, parce qu’elles le méritent !
Petit moment de bonheur partagé, à ma droite (Louis) comme à ma gauche (Gil, Olivier – La Bestiole) pendant la prestation de Maud Lübeck, seule, au piano, et à la voix. Maud m’a confié qu’elle venait de se remettre au piano (j’imagine même pas le potentiel de son projet), alors que ça coule de source qu’elle a ce feeling. Je vais y aller, je vais le dire, même si d’autres la comparent plus volontiers à Barbara ou Chopin, pour moi c’est Gainsbourg personnifié en Birkin brune (et pas con, désolé Jane si tu lis ça, je ne te connais pas, mais parfois à la téloche tu dis n’importe quoi). A écouter absolument et d’urgence, le talent est rare pour ce style de musique en France et là je tiens (dans ces quelques lignes) à vous communiquer cette urgence.
Puis venait LaFille. Déjà, qu’on se le dise, le rock français c’est pas ma came. Quand c’est Vanessa Paradis qui le chante, ça va parce qu’il y a la résurgence de l’innocente de Joe le Taxi, mais les textes de la formation d’hier m’ont fait très très froid dans le dos. J’ai pas adhéré. Du tout. Je peux pas, je dois dire, moi je suis encore à un niveau sensitif de 5 ans (et +). Ca me chagrine d’entendre des cochonneries que je peux comprendre. Encore quand c’est en anglais, ça me dérange pas (l’exotisme recouvre la réalité d’un voile très sympathique à entendre). Mais là, rejet massif. Désolé. On ne m’y reprendra plus.
Le clou du spectacle (et à l’unanimité des personnes présentes) fut Rayess Bek Orchestra. L’orchestre composé d’un oud, d’une flûte traversière, d’une basse (combien de cordes, déjà ?) et d’un « platineur » a détonné, étonné, rallié, tout le monde. Faut dire qu’au milieu se tenait un mec complètement ok avec lui-même (et les autres), complètement sincère, qui, en toute tranquilité nous faisait revoir nos classiques (préjugés musicaux, culturels, phonétiques). Le tout dans la plus grande décontraction qu’il soit. Et en arabe parfois s’il vous plaît, si bien que les gestes mimant les paroles pouvaient être interprétés de quelque manière que ce soit. Jamais je n’avais vu de live de hip hop. C’est fait. Tu me diras c’était pas du hip-hop. Ouais, t’as raison. C’était mieux que du hip hop, mieux que de la world music, mieux que du rock, mieux que de la pop, du slam. C’était tout ça à la fois et ils ont bien mérité leur POLE POSITION dans mon coeur de jeune artiste humble (humble mon cul !).
Bah voyez-vous, je suis heureux. Parce qu’hier, en plus d’avoir fait un excellent concert, j’ai fait d’étonnantes rencontres musicales avec des gens que je n’aurais pas pu rencontrer autrement que via le Zebrock.
Les gagnants : Rayess Bek Orchestra, La Bestiole & Aniansah
Il ne me reste plus qu’à faire le tour des popotes pour remercier (dans le désordre) :
- Toute l’équipe dite « administrative » du Grand Zebrock (édition 2009) pour tout ce qu’elle a pu faire pour nous aider à nous sentir bien.
- Toute l’équipe des « profs » (je veux hurler : lol) à savoir Françoise, Véronique, Ignatus, Hervé (pour ce qui me concerne) pour leur aide dans la (re)construction de Chapter 9 et dans mon épanouissement sur scène et dans mes paroles de chanson.
- Toute l’équipe technique du Canal 93 pour son professionalisme. Mention spéciale à Nico pour les retours, le son sur scène était incroyable.
- et bien sûr tous les groupes que j’ai pu croiser et que j’aurai certainement l’occasion de recroiser encore et encore (La Bestiole, Maud, Cortes, Wipping Willow, Rayess…)
Merci enfin à Delphine (M.) pour m’avoir soutenu dans la candidature à cet accompagnement, pour avoir été là pendant toute l’expérience, et pour tout, merci encore.
Tous ces mercis, je les aurais bien volontiers sortis au micro hier, mais j’ai oublié, je me rattrape donc !
A très vite,
Marc, pour Chapter 9 !






